Edouard Philippe fait un enfer de la vie des automobilistes à partir d’aujourd’hui

L’exécutif peut-il sauver nos vies contre notre volonté, en détournant notre attention de la route sur les panneaux de limitation à 80 km/h ?

Emmanuel Macron confond-il autorité et autoritarisme ?
Le tropisme militaire du président Macron dure depuis les premiers jours : vitesse officielle du char présidentiel, 50 km.h. Mais le chassé-croisé de voitures présidentielles agace : dimanche 14 mai 2017, Emmanuel Macron est arrivé à l’Elysée dans une Renault Espace grise, délaissant la DS 5 Hybrid de François Hollande, mais c’est une DS7 Crossback qui deviendra sa voiture d’apparat « bleu encre », spécialement équipée d’un toit ouvrant. 

Malgré des mois de contestation et de polémiques, la mesure entre en vigueur ce dimanche 1er juillet : 400.000 kilomètres de routes sont désormais limitées à 80 km/h, et non plus à 90 km/h, avec l’espoir de réduire le nombre de tués sur les routes. Alors que commencent les grands départs estivaux, les automobilistes français et étrangers vont devoir surveiller les panneaux de signalisation plutôt que la route. La vitesse maximale autorisée est abaissée sur toutes les routes à double sens, à une voie chacune, sans séparateur central (barrière, terre plein…), soit 40 % du réseau routier français.

DS7 Crossback, SUV présidentiel, un modèle unique doté d’un équipement high-tech dernier cri, spécialement aménagé d’un toit ouvrant, mais aussi d’un …blindage

Le choix de la voiture présidentielle

Comme l’épaisseur des portes le montre, ce SUV répond aux impératifs de sécurité en adoptant une carrosserie blindée. De couleur «bleu Encre», un bleu très foncé, la DS7 présidentielle a vu son toit découpé afin de permettre à Emmanuel Macron de se tenir debout pour saluer le public massé le long de l’avenue des Champs-Élysées. Une barre de maintien a été installée tandis que le toit peut être recouvert d’une capote en toile. Voiture officielle, la DS7 accueille, à l’avant droit, un porte-fanion. Sur le bout du capot, le logo DS est remplacé par un logo représentant le drapeau français. Ce dernier apparaît aussi sur les signatures de bas de caisse et du hayon.

Autre atout de la DS, les équipes du design de Thierry Metroz se sont adressées à l’atelier parisien Maury, spécialiste de la Toile de laque, pour agrémenter l’habitacle à la finition «Inspiration Opéra», de décorations supplémentaires. La maison Maury est réputée pour restaurer des bureaux et des cadres de l’Elysée. La Toile de laque réalisée par les Ateliers Maury recrée l’effet visuel d’une laque ancienne avec ses dorures à l’or fin. Les coques de rétroviseurs parées de la trame DS sont dorées à l’or fin.

Plusieurs drapeaux tricolores agrémentent la carrosserie de la DS7.La DS7 Crossback Présidentielle intègre la signature «République française» sur le tunnel central, près du levier de vitesses de la transmission automatique à 8 rapports. La sellerie noire à surpiqûres or combine cuir et suédine. Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, la DS7 Présidentielle n’est pas animée par le nouveau moteur hybride rechargeable essence développée par PSA. Annoncé pour 2019, ce groupe motopropulseur affichant 300 ch est encore en cours de développement. Pour animer ce SUV un peu particulier, DS a jeté son dévolu sur l’éprouvé BlueHDi de 180 chevaux.

Dès le mardi 16 mai, les « gens qui ne sont rien » ont pu rêver sur la DS7 Crossback Présidentielle au DS World implanté au 33 rue François 1er, à Paris dans le VIIIe arrondissement. Ce carrosse reste la propriété de DS, mais Manu 1er pourra en disposer à sa guise à chaque fois qu’il en fera la demande. Il n’est donc pas exclu que l’on revoit le nouveau président parader à bord de ce SUV pas comme les autres.

Depuis l’annonce le 9 janvier, parlementaires et élus locaux de tous bords se sont insurgés contre cette disposition 

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Jeudi 14 juin, pour aller de La Roche-sur-Yon à Rochefort (Vendée), soit un trajet de 110 km, Emmanuel Macron a pris son Falcon présidentiel : après sa sortie sur « le pognon de dingue » dépensé dans les aides sociales et la vaisselle de Sèvres renouvelée par l’Elysée pour un demi-million d’euros, ou la piscine pour quelques jours de vacances d’été au fort de Brégançon, ce caprice de transport polluant peut choquer.

Les élus locaux dénoncent une pénalisation des régions rurales, où se trouvent l’essentiel des routes concernées. Mais le pouvoir macronien reste sourd aux voix qui s’élèvent contre ses décisions autoritaires (depuis les ordonnances sur le code du travail, jusqu’à la réforme de la SNCF, en passant par la moralisation de la vie politique, l’ISF, l’accès à l’université, réduction du nombre de parlementaires et des mandats consécutifs,  ou encore l’accueil des migrants) et ses caprices. Il lui reste à convaincre. Or, « le président n’est pas une personnalité comme tout le monde, objecte son entourage de petits marquis. « Il y a un impératif de sécurité et un impératif de temps, » tentent-il de faire valoir. Monsieur a gagné une heure, mais le coût horaire d’un Falcon 2000 était déjà de 4.251 euros, selon un calcul du magazine « Challenges », en 2013.

Et Macron est un récidiviste qui n’a rien à faire de l’opinion publique et de ses sacrifices : il avait déjà utilisé le jet gouvernemental en juin 2017, pour aller au Touquet voter aux élections législatives.

L’exécutif campe sur ses positions jupitériennes, du fait de l’entêtement du premier ministre Edouard Philippe qui, à tout propos, se dit « prêt à assumer l’impopularité », donc de cette mesure et de son coût en panneaux et en ‘flyers’ d’information, ainsi que de la main d’oeuvre. En dépit des spots et campagnes médiatiques déployés ces dernières semaines, 74 % des Français s’y déclaraient opposés dans un sondage mardi. A partir de quel pourcentage, le pouvoir macronien respecte-t-il la volonté populaire et la démocratie ?

« L’objectif, ça n’est pas d’emmerder le monde. » Il fallait le préciser… « L’objectif, c’est de faire en sorte qu’il y ait moins de morts et moins de blessés graves », a répété Edouard Philippe vendredi, rappelant le « coût humain terrifiant » des accidents de la route qui ont fait 3.684 morts et 76.840 blessés en 2017. Aussi bien, d’ailleurs, sur les routes nationales mal entretenues, dont Philippe n’ « assume » pas l’état.

Le gouvernement fait le pari que baisser la vitesse de 10 km/h permettra de sauver jusqu’à 400 vies par an et que sa mesure permettra d’inverser durablement la courbe de la mortalité routière qui, après avoir atteint un plus-bas historique en 2013, a connu un inquiétant rebond entre 2014 et 2016.

Après les ordonnances et des migrants non désirés, une limitation de vitesse imposée à une majorité des Français 

Selon la Sécurité routière, ces routes ont concentré 55 % des accidents mortels en 2017. « La vitesse est la première cause d’accidents mortels et quand elle n’est pas une cause, elle est un facteur aggravant des accidents », ajoute la présidente de la Ligue contre la violence routière Chantal Perrichon, qui milite depuis des années pour les 80 km/h.

Le gouvernement a promis qu’il évaluera les effets de la mesure au 1er juillet 2020. Car, vent debout depuis six mois,80 km/h : les motards manifestent leur colère à Paris associations d’automobilistes et de motards contestent son efficacité en termes de sécurité routière, tout autant que le « passage en force » du gouvernement pour l’imposer à l’opinion. Encore samedi, quelques centaines de motards ont manifesté leur « colère » à Paris en qualifiant la mesure de d' »aberrante » et de « pompe à fric« .

« C’est juste un racket monstrueux, ils ne savent plus quoi faire pour trouver du fric. Ca va faire chier le monde, ça va créer des embouteillages et des accidents. C’est complète absurde », a protesté Gilles, 59 ans, l’un des manifestants.

Des élus, de zones rurales notamment, dénoncent une mesure « parisianiste » faite au détriment des campagnes qui ont déjà le sentiment d’être isolées et délaissées.

La mesure Philippe fait des morts dans l' »équipe gouvernementale » : au gouvernement, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb et le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard n’ont pas caché leur réserve.

Depuis la publication du décret le 17 juin, la grande majorité des élus locaux se sont toutefois pliés -même a minima- à leurs obligations et ont fait installer des panneaux signalant la nouvelle limitation de vitesse.

Quelques élus regimbent aussi, notamment en Indre-et-Loire et en CreuseValérie Simonet, figure montante de la Droite creusoise, incarne déjà l’après Jeannot Auclairoù la présidente (LR) du conseil départemental , une infirmière libérale de petite commune rurale, Valérie Simonet a annoncé qu’elle ne mettra aucun moyen « ni financier, ni technique, ni humain » pour cette réforme. Cette personnalité montante est opposée au TGV Limoges-Poitiers et milite pour le renforcement des gares de La Souterraine et de Montluçon, si proches de la Combraille. Elle prône des routes structurantes. Elle croit à la culture, nécessaire à ses yeux au développement d’un territoire et voudrait que le Département adopte un mode de communication décalé, un peu à l’image du Puy-de-Dôme.

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« Ces rares élus se mettent en marge de la légalité, observe le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe, qui ironise ; « ce qui est gênant pour une autorité publique. Ne pas donner les bonnes indications, c’est faire prendre aux automobilistes le risque d’une amende ou pire, d’un accident », lance le maître-chanteur qui se démultiplie pareillement dans la Corrèze et la Vienne.

« Il y a des voies de droit » pour contester, insiste ce fonctionnaire nommé par le premier ministre, en référence à trois recours déposés devant le Conseil d’Etat.

En Corrèze, le département a choisi de protester en se gaussant des prétentions gouvernementales. Aucun panneau à 80 km/h n’a été installé. Les autorités ont préféré signaler la fin des zones à 90 km/h avec des inscriptions « Le nouveau monde vous demande de ralentir« .

En 2015, le Premier ministre avait été contrôlé à plus de 150km/h sur une route limitée à 110km/h. 

 

Le gouvernement qui met en oeuvre une série de nouvelles mesures dévoilées lors d’un Comité interministériel de la sécurité routière pour « refaire de la sécurité routière un enjeu de première importance », notamment en abaissant la vitesse maximale sur le réseau secondaire à 80km/h au lieu de 90, a à sa tête un premier ministre qui n’a pas toujours été un modèle de civisme.

Alors maire du Havre, en octobre 2015, Edouard Philippe a avoué qu’il encourait le retrait de son permis de conduire. Il avait été contrôlé à plus de 150km/h sur un tronçon d’autoroute limité à… 110km/h. Il se rendait à Paris pour un motif familial, à bord d’une voiture de la municipalité.

 « Mon permis a été suspendu pour 72 heures ». A l’époque, l’élu LR avait joué la carte de l’honnêteté. Arrêté par les gendarmes un vendredi, il avait préféré prendre les devants en rendant publique son incivilité dans un communiqué.

« Conformément à la législation en vigueur relative aux excès de vitesse compris entre 40 et 50 km/h au-dessus de la limite autorisée, et aucune autre infraction au code de la route n’ayant été constatée, mon permis de conduire a été suspendu pour une durée de 72 heures », avait-il expliqué.

« La gendarmerie nationale m’a également informé de ce que cette infraction impliquera une amende forfaitaire, un retrait de 4 points sur mon permis, une mesure de suspension administrative de ce permis et une mesure complémentaire qui fera l’objet d’une décision du tribunal de police« , avait-il développé.

A l’époque, Edouard Philippe avait déclaré avoir choisi de révéler l’information car « nos concitoyens attendent légitimement de leurs élus l’exemplarité« , s’affirmant « convaincu, par ailleurs, de la nécessité d’être ferme en matière de sécurité routière ». Aujourd’hui, le premier ministre a le pouvoir dimposer  à « nos concitoyens » de faire ce qu’il dit et non ce qu’il fait

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