Hidalgo a voulu sa mort :  » ‘Autolib’ devrait s’arrêter dans les tout prochains jours, » confirme Marie Bolloré

Alors que le Syndicat Autolib’ Métropole va proposer, jeudi, de résilier le contrat de délégation de service public qui le lie avec le groupe Bolloré,

la directrice de Blue Solutions, entreprise qui s’occupe des Autolib’  était l’invité de Jean Leymarie, mercredi 20 juin. <br>Autolib’ est un service d’autopartage de voitures électriques en libre-service disponible dans l’agglomération parisienne. Initié par Yves Contassot, le projet a été porté par le maire socialiste Bertrand Delanoé qui en a fait un de ses chevaux de bataille lors des municipales de 2008 à Paris.  C’est son conseil municipal qui a confié la conception des Bluecar utilisées, ainsi que l’exploitation du service, pour une durée de 12 ans, au groupe industriel Bolloré par le syndicat Autolib’ et Vélib’ Métropole (SAVM), un syndicat mixte ouvert, regroupant des collectivités et des établissements publics. La société Blue Solutions, filiale du groupe Bolloré, remporta en effet la procédure l’appel d’offres.

 

Lancé en 2011, le service Autolib’ est assuré, en août 2017, au moyen de 3.907 véhicules répartis dans 1.100 stations couvrant à l’origine 102 communes de l’agglomération parisienne.

Image associéeAlors que l’autopartage de véhicules électriques fonctionne correctement ailleurs en Europe, en France Autolib’ se révèle fortement déficitaire dès 2017.

Image associéeLe prestataire ne devait pas avoir à solliciter d’aides publiques et devait même apporter 56 millions d’euros de bénéfices par an, mais l’entretien des véhicules s’est révélé plus coûteux que prévu, du fait notamment de l’état de saleté et de dégradation dans lequel les usagers laissent les voitures, quand ils ne les squattent pas, ce qui pourrait interpeller la Mairie de Paris. En 2018, le groupe Bolloré annonce que le service public produit 50 millions de pertes annuelles. En juin 2018, en raison de la dette considérable, la mairie de Paris déclare envisager une alternative à Autolib’. Selon Le Monde, la dette d’Autolib’ et du groupe Bolloré s’élève à 293,6 millions d’euros. Des chiffres confirmés au quotidien par la mairie de Paris. 

Il y a « encore un léger espoir » du côté de Blue Solutions, l’entreprise du groupe Bolloré  – bête noire de la gauche – que le service ne s’interrompe pas. Marie Bolloré, sa directrice, a expliqué, mercredi 20 juin sur franceinfo, qu’en cas de résiliation du contrat d’Autolib’, le service s’arrêtera « dans les prochains jours »

Anne Hidalgo rejette l’entière responsabilité des surcoûts sur le groupe Bolloré. 

Image associéeOr, celui-ci lui a demandé, ainsi qu’aux autres collectivités utilisatrices du service, d’éponger la majorité de la dette d’ici à la fin de la concession avec la mairie, en 2023, singulièrement en conséquence des incivilités non maîtrisées à Paris et les communes affiliées au service. Si le contrat d’exploitation d’Autolib’ prévoit que le concessionnaire apure une dette maximale de 60 millions d’euros, Vincent Bolloré a demandé aux collectivités publiques de payer 46 millions d’euros par an pour combler le reste du gouffre budgétaire. Une exigence « abracadabrantesque » pour la maire de Paris. Résultat : « la délégation de service public » pour Autolib’ à Paris « n’est plus à l’ordre du jour », a-t-elle expliqué mercredi dans un entretien au Journal de l’automobile.

Résultat de recherche d'images pour "autolib deterioré"Mais dans un communiqué de vendredi dans la soirée, le groupe Bolloré a rappelé que l’autre option, celle d’une résiliation du contrat par le syndicat gestionnaire, coûterait 300 millions d’euros aux collectivités, soit encore plus cher, en raison de clauses prévues dans ce contrat.

Le syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole proposera jeudi 21 juin aux 98 communes qui le composent, dont Paris, de résilier le contrat conclu avec le groupe Bolloré pour gérer ce dispositif. Cette annonce intervient alors qu’Autolib’ est confronté à une dette abyssale, que les collectivités locales ne veulent pas absorber.

franceinfo : Est-ce que c’est fini Autolib’ ?

Résultat de recherche d'images pour "autolib deterioré"Marie Bolloré : Nous avons encore un léger espoir. Nous allons attendre le vote demain. C’est l’intérêt d’avoir toutes les communes. La proposition de résiliation vient du syndicat mixte. Nous verrons si toutes les communes sont d’accord avec cette proposition.

Si le service s’interrompt, qu’en est-il des abonnés ?

Le service s’arrêtera au jour de la résiliation. Nous recevrons sans doute dans les prochains jours la notification de résiliation de la part du syndicat mixte Autolib’ Vélib’ métropole (SAVM) et ensuite le service s’arrête. Si le syndicat le souhaite, nous pouvons opérer en régie, c’est-à-dire que nous serons mandatés comme un prestataire et rémunérés pour cette fonction le temps qu’ils le souhaitent. Nous y sommes prêts.

Est-ce que ce n’est pas un chantage que vous êtes en train de faire ? Parce qu’aujourd’hui vous leur dites : « Soit vous payez, soit on arrête ».

Une borne Autolib à Paris. Ce&nbsp;service de voitures électriques en autopartage avait été lancé en 2011 sous Bertrand Delanoë.&nbsp;&nbsp;

Ce n’est pas un chantage. Nous tirons la sonnette d’alarme depuis plusieurs années. Il y avait quand même un troisième choix, ce dont ne parle pas le syndicat, qui était une négociation. Nous avons fait un comité de conciliation, nous n’avons pas trouvé d’accord. Nous avons continué à négocier, nous avons trouvé en avril un accord de principe que nous a donné le syndicat pour la poursuite du service avec des accords à la fois financier et de modalité. Puis, tout à coup, retour en arrière et le groupe Bolloré ne comprend pas : plus de nouvelles, c’est-à-dire qu’ils ne nous répondent plus. Ils ne sont plus à la table des négociations. Malheureusement, nous n’avions donc pas d’autres choix afin de ne pas creuser le déficit jour après jour parce qu’on perd presque 2 millions d’euros par mois, que d’envoyer cette notification de défaut d’intérêt économique.

Vous reprendriez les 250 salariés qui travaillent directement pour Autolib’ comme le demande la mairie de Paris ?

Pour nous, ce n’est pas un problème de savoir à qui sont les salariés. Est-ce qu’ils seront transférés ou pas ? Dans le contrat, ils seront transférés s’il y a une continuité d’exploitation. Aujourd’hui, on a entendu que les voitures allaient peut-être être supprimées, on n’a pas encore entendu que le service de recharge pour les véhicules tiers va être non opéré demain. Nous attendons une notification. Bien sûr, nous allons les reprendre mais pour les salariés le problème n’est pas ‘qui va les payer à la fin du mois’, c’est de dire ‘est-ce que je vais avoir un travail’ ? Vous savez très bien que le groupe Bolloré n’a pas d’activité automobile ou d’ambassadeur, de mécanicien ou d’électronicien en Ile-de-France.

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