La fiscalité française ou la double peine sur une petite majorité

Le degré d’inventivité fiscale est une exception culturelle française méconnue. 

Et cette créativité ne cesse de s’épanouir dans l’austérité

En matière de nouveaux impôts, de nouvelles taxes, la France socialiste a la palme ! 
Mais sa population mérite l’ordre du mérite. 
Si vous êtes propriétaires, les nombreux occupants d’un logement dont ils sont propriétaires ne sont pas mieux traités que les automobilistes. Les uns et les autres sont matraqués à tous les coins de rues. Loin de moi l’idée d’envier les sans-abris et les mal-logés, mais ces derniers entrent parfois dans la catégorie des propriétaires de leur logement et, comme de plus aisés, ils doivent acquitter deux fois l’impôt qui donne le droit d’habiter chez soi: la taxe foncière et la taxe d’habitation.
Et c’est la même chose pour les autres impôts, même quand on leur donne un nom différent. Les prélèvements sociaux par exemple. Ils s’élèvent à 15,5% sur les placements et à 8% sur les revenus du travail. Ils viennent s’ajouter au l’impôt sur le revenu et aux revenus catégoriels.

Un impôt sur l’impôt

Pour tromper son monde, Bercy déduit partiellement une petite fraction des prélèvements sociaux,  mais cela n’empêche pas sans qu’on s’en rende bien compte qu’avec ce système on paie un impôt sur l’impôt

Prenons l’exemple des loyers. Si on perçoit 100 de revenus fonciers, on va payer des prélèvements sociaux de 15,5%. Il reste net 100 moins 15, donc 84,5. La justice fiscale voudrait qu’on soit imposé sur ce revenu sur la base de 84,5%. Mais, comme on ne peut déduire que 5,1% sur les 15,5 % versés, on est imposé sur 94, 9%…

En somme, l’Etat nous prélève l’impôt même sur nos contributions sociales. 
Et cela vaut pour les traitements et salaires, comme le confirme Frédéric Douet, professeur de droit fiscal à l’Université de Bourgogne. Et la note risque d’être encore plus lourde demain si, comme préconise le Conseil des prélèvements obligatoires, le gouvernement socialiste supprime aussi la déduction actuelle. Ca fait du bien d’avoir des frondeurs dans le parti aux affaires !
Sans compter que les salaires des actifs sont ponctionnés sous forme de cotisation à une pension de retraite, laquelle est à son tour soumise chaque mois à l’impôt, quand est venue la retraite…
Elle est pas belle, la fiscalité française ? Ceux qui votent ces lois y sont-ils soumis?…


Les vieux coûtent cher,
mais l’Etat tient à eux

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