Crime contre l’humanité: les islamistes de Boko Haram frappent à nouveau le Cameroun

Boko Haram mène un raid au Cameroun et kidnappe 60 personnes

Boko Haram attaque à nouveau au Cameroun, étendant son emprise dans la région.
La secte islamiste nigériane a lancé un nouveau raid meurtrierdans la zone de Tourou, dans l’extrême-nord du pays, une semaine après avoir visé une base militaire à Kolofata.

Une soixantaine de personnes, dont des femmes ou des enfants, ont été enlevées, selon des policiers basés dans la région. Malgré l’absence de bilan sur d’éventuels décès, il s’agirait du plus important rapt perpétré dans cette région par les combattants de Boko Haram, dont les incursions dans ce secteur sont récurrentes depuis des mois. Un grand nombre d’habitants de la région est forcé à l’exode. De même que la plupart de policiers et gendarmes des localités proches de la frontière, ils ont fui à l’intérieur des terres.

Les méthodes de Boko Haram pour semer la terreur au Nigéria

En octobre 2014, on estimait que l’insurrection de Boko Haram et la répression militaire au Nigeria ont fait plus de 10.000 morts, depuis 2009.

<br>Attentats et enlèvements perpétrés par la secte islamiste se multiplient. En octobre dernier, des membres de la secte islamiste Boko Haram avaient déjà enlevé une trentaine d’adolescents dans l’Etat de Borno, au nord-est du Cameroun.
Il y a six mois, plus de 200 lycéennes subissaient le même sort au Nigéria et 119 d’entre elles restent toujours introuvables, malgré la mobilisation internationale autour de la campagne #Bring back our girls.

Depuis son apparition au début des années 2000 sous la forme d’une secte islamiste menée par Mohammed Yusuf, les méthodes du groupe ont évolué, signe d’un basculement de la rébellion au terrorisme.

Pendant que les djihadistes assassinaient dix-sept personnes en France, les islamistes de Boko Haram menaient dans le nord-est du Nigeria leur offensive la plus « destructrice » en six années d’insurrection, signale Amnesty international. L’ampleur de ce que le secrétaire d’état américain John Kerry a qualifié de « crime contre l’humanité » a été documentée par de saisissantes photos satellites fournies par des ONG. Quant au nombre exact de victimes, il reste toujours à déterminer.

Deux villes quasiment détruites
Les photos des villes de Baga et Doron Baga, prises à cinq jours d’écart – la veille de l’attaque et quatre jours après – montrent de nombreuses habitations et commerces rasés. Plus de 3700 bâtiments ont été endommagés ou détruits: 620 à Baga et 3100 à Doron Baga, selon Amnesty. Mais d’après Human Rights Watch (HRW), la ville de Doron Baga, qui se trouve à 2,5 km à la sortie de Baga et qui abritait la base d’une force armée régionale, la Multinational Joint Task Force (MJTF), a été la plus durement touchée. Au total, 16 localités auraient été attaquées et partiellement brûlées.

L’armée nigériane, qui a tendance à minimiser les bilans de victimes, a affirmé cette semaine que 150 personnes avaient été tuées, qualifiant de « sensationnalistes » les estimations évoquant 2000 morts.
Mais au fil des récits des survivants, de nouveaux détails émergent sur les atrocités. Un témoin cité par Amnesty International rapporte, sous couvert d’anonymat, qu’une femme enceinte aurait été abattue en plein accouchement, en même temps que plusieurs jeunes enfants. « La moitié du bébé (était) sortie et elle est morte dans cette position« , raconte le témoin. « Ils ont tué tellement de gens. J’ai peut-être vu 100 personnes tuées à un moment à Baga. J’ai couru dans la brousse. Alors que nous courions, ils mitraillaient et tuaient », décrit un quinquagénaire non identifié. Une autre femme confirme: « Il y avait des cadavres partout où je regardais« . Un homme échappé de Baga après être resté caché trois jours avait ainsi déclaré avoir « marché sur des cadavres« sur cinq kilomètres, dans sa fuite à travers la brousse.
Ces témoignages corroborent les propos de responsables locaux, selon qui le nombre de victimes est extrêmement élevé, ainsi que de témoins qui décrivaient des rues parsemées de cadavres en décomposition. Bien que ces témoignages soient croisés par la presse, ils sont anonymes et donc sujets à caution, mais il semble bien que la secte islamiste sème la terreur.

Le Tchad en renfort

20.000 réfugiés ont dû fuir la région, ont indiqué des responsables locaux. A lui seul, le Tchad voisin a accueilli 11.320 réfugiés nigérians en quelques jours, selon le Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies, tandis que Médecins sans frontières (MSF) a déclaré aider quelque 5000 survivants de l’attaque réfugiés à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, à quelque 200 kilomètres.
Des témoins ont aussi rapporté à Amnesty que 300 femmes avaient été enlevées. Détenues dans une école, les plus âgées, les mères et les enfants ont ensuite été libérées, mais les jeunes femmes seraient toujours captives. Les 200 lycéennes enlevées en avril dernier n’ayant toujours pas été retrouvées.

Depuis le début de son insurrection en 2009, Boko Haram a fait plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés. L’attaque de Baga est survenue à un peu plus d’un mois des élections présidentielle et législatives prévues le 14 février.

L’armée tchadienne se déploie dans cette zone pour tenter de stopper les attaques et de reprendre Baga, la ville nigériane détenue par le groupe islamiste après une offensive macabre. Samedi, un convoi de 400 véhicules militaires tchadiens (chars, véhicules blindés, pick-ups…), accompagné d’hélicoptères de combat MI-24, a quitté N’Djamena pour pénétrer au Cameroun. Le président Idriss Deby Itno, qui a accompagné ses troupes jusqu’à la frontière, a souligné qu’elles devaient être « opérationnelles » dès dimanche. Ce contingent s’est installé à Maltam, située juste en face de N’Djamena, à l’ouest de Kousseri, et devrait bénéficier de travaux d’aménagement engagés par le génie militaire camerounais.

Baga abritait un temps le quartier général d’une force armée régionale regroupant des détachements nigérians, tchadiens et nigériens. Mais Tchadiens et Nigériens s’étaient retirés bien avant l’attaque, et les forces africaines de coalition sot en réalité peu actives. Le déploiement de l’armée tchadienne n’impressionne pas les terroristes de Boko Haram. « Tout soutien à nos opérations sera bienvenu mais il doit se conformer à nos propres opérations en cours étant donné qu’il s’agit du territoire nigérian », a déclaré Chris Olukolade, porte-parole de l’armée nigériane.

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